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Le droit de tuer en milieu hospitalier ?

À la question, existe-t-il une discriminations à l’accès aux soins ?, la réponse est oui.

À la question, le personnel hospitalier peut-il tuer ?, la réponse est oui.

À la question, la famille peut-elle s’y opposer ?, la réponse est non.

À la question, la justice peut-elle être exercée ?, la réponse est non.

À la question, le citoyen a-t-il le droit de revendiquer justice ?, la réponse est non.

À la question, la famille victime et revendicatrice de justice peut-elle subir des représailles ? la réponse est oui.

Jamila El Bekri, se bat depuis 2016 pour la reconnaissance de l’assassinat de son frère de 16 ans à l’hôpital Brabois de Nancy.

Le dossier médical est falsifié, la justice  est déniée, aucune enquête n’est menée malgré un dossier contenant toutes les preuves d’un refus de soins.

En janvier 2016, le jeune Mehdi est fiévreux et présente des difficultés à respirer. Sa maman le conduit aux urgences. Une première échographie des poumons révèle dès le 14 janvier une « pleurésie purulente ». Le traitement adéquat visé par un protocole est la pose d’un drain et l’administration d’antibiotiques spécifiques. Le taux de guérison est alors de 93%.

Dans un pays doté de structures impressionnantes pour son système de santé (HAS, ARS, SS), le traitement approprié n’aurait du poser aucun souci au personnel médical.

Cependant, le protocole n’a pas été appliqué, le personnel hospitalier a laissé l’état de santé de l’adolescent se dégrader pendant 15 jours.
Une lourde opération - de rattrapage- est finalement pratiquée.
Lorsque la maman de Mehdi vient visiter son fils en réanimation, il lui est dit que le foie et les reins ne fonctionnent plus mais qu’il faut garder espoir.

La maman et les sœurs de Mehdi se rendent à l’hôpital le lendemain et sont alors sommées de se rendre au commissariat. Il leur est confirmé qu’à la demande du médecin, le procureur a rédigé une ordonnance de placement provisoire pour les soins. Celle-ci, rédigée sans même que la mère de Mehdi n’en ait été informée et n’ait pu la contester ; en effet, elle n’était justifiée par aucune entrave aux soins de la part de la famille de Mehdi. Elle a permis aux médecins du CHRU de pouvoir continuer de décider des soins sans même consulter la mère de Mehdi.

Le dossier mentionne, le 29 janvier à 18 h 21 :

« Suspension de l'autorité parentale, autorité confiée à l'ASE, droit de visite accompagné par un tiers en cas de dégradation clinique. »

Selon le récit de la famille, tous ses membres sont alors séparés de Mehdi et se voient interdire toute visite. Alors que Mehdi devait ensuite rester sous apport d'oxygène, celui-ci sera diminué puis arrêté.

Mehdi décédera seul le 30 janvier.

Depuis, Jamila, sa sœur, se bat (le mot n’est pas trop fort) afin de faire advenir la vérité puis la justice. Comme dans chaque affaire d’erreur médicale, la reconnaissance est avant tout, ce dont ont besoin les familles afin de pouvoir faire leur deuil. Lorsque c’est le cas, souvent, les victimes réclament parfois justice mais pas toujours.

En revanche, quand les coupables cherchent à dissimuler, travestir la vérité ou pire encore, poser un scénario totalement irréel et irréaliste, s’enclenche alors une volonté farouche et de vérité et de justice.

La famille de Jamila s’est vue menacée à travers un traitement dans les locaux de la police relevant de ceux appliqués aux coupables, le CHU de Nancy Brabois s’est refusé à la communication du dossier médical (4 dossiers différemment falsifiés leur auront été remis depuis) et la justice sera complice dans ce déni à reconnaître le crime perpétré.

Jamila a réalisé le parcours du combattant :

- Demandes répétées pour obtenir le dossier médical.

- Acquisition de connaissances en droit afin d'assurer elle-même sa défense et celle de sa famille.

- Dépôt de plaintes au pénal, ainsi que de recours disciplinaires et administratifs, notamment auprès de l'Ordre des avocats et du Conseil de l'Ordre des médecins, sans résultat.

- Recours auprès du Conseil d'État et de la Cour de cassation, restés sans succès.

- Contestation du non-lieu ab initio rendu sans qu'aucune enquête n'ait été ouverte, concernant des faits de nature criminels.

- Recours auprès de la CEDH (Cour européenne des droits de l'homme).

- Dépôt d'une plainte contre l'avocat qui s'est dessaisi de l'affaire, alors que celle-ci était en cours d'instruction devant la CEDH. Avocat qui refuse encore et toujours de restituer le dossier qui lui avait été confié ainsi que de le certifier conforme aux démarches entreprises par Jamila au niveau national.

- Dépôt d'une plainte pénale et d'une plainte disciplinaire contre cet avocat auprès du tribunal de Strasbourg, tribunal qui refuse depuis plusieurs mois de communiquer à Jamila le numéro d'enregistrement de sa plainte.

Jamila cumule non seulement les preuves concernant ce que l’on peut qualifier de meurtre de son petit frère mais elle collectionne maintenant les preuves de la complicité de la justice à tous niveaux. Comme elle l’indique très justement, à force de recoupements d’un interlocuteur à l’autre, d‘une juridiction à l’autre, les contradictions mettent à jour les mensonges et la volonté de dissimulation.

En tant que lanceuse d'alerte, Jamila demande que « les circonstances du décès soient établies sur des preuves vérifiables, dans un cadre indépendant et contradictoire, que les manquements soient examinés, que les responsabilités soient reconnues et que les coupables soient enfin sanctionnés. »

La parole à Jamila ici : Télécharger Article_Mehdi_El_Bekri_FINAL

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